La salle de classe était vide d'élèves. Les bancs se succédaient en désordre, de travers, pas alignés. Je passais ma main sur l'un d'entre eux, les différents noms de Nin y étaient laissés. Certains plus effacés que d'autres. Bien successivement marqués, certaines douceurs et d'autres révoltes. Iel faisait toujours attention à la composition linéaire comme si elle avait été codée numériquement. Choisissant différentes langues. L'un, puis l'autre. Danger, amour, détresse. Solitude, isolement, partage. Nin. Lou. Rat. Chat. Renard. D'autres que je ne comprenais pas. Ou que je ne savais pas déchiffrer.
L'enseignant.e devait avoir fait le cours au centre étant donné l'agencement des places. Ou bien assis.e parmi les élèves dans une envie d'horizontalité. Sa voix circulait de personne en personne et rebondissait sur la parole consciencieusement. De manière réfléchie et apprise à l’aide de cours d'écoute plutôt que de rhétorique et de déclamation. C'est une école qui tente de prendre soin.